6 décembre 2021 : retour aux sources

 

Cher Wanis,

Je t’avais dit dans une précédente missive que tu étais mon fils pour toujours. Tu vis à chaque instant dans ma mémoire et pas seulement. Dans celle d’Adam aussi. Il sait très bien que tu existes et tu comptes pour lui. Pour l’anecdote, à son dernier anniversaire, il rétorque à un copain qui se targue d’avoir un frère : « Moi, j’en ai deux ». « Ils sont où alors ? », demande notre petit hôte. Adam répond « l’un vit en France et l’autre au cimetière ». Ça m’avait autant fait sourire qu’émue. Il parlait avec un mélange de détachement et de sincérité qui n’appelait aucune intervention, aucune réplique. Ce genre de propos qui se suffisent à eux-mêmes. Qui ne laissent place ni à la surenchère ni à l’interprétation.

Je t’ai parlé la dernière fois de la pandémie qui a chamboulé nos existences et nous a fait changer d’époque. Je t’ai dit que cette expérience m’avait aussi permis de me retrouver, de mieux profiter de ton frère et de mettre plusieurs choses au clair. J’ai ressenti le besoin d’aller dans la nature. J’ai commencé à randonner depuis. J’emmène, des fois, Adam qui adore marcher et faire des découvertes, collectionner les ossements de crânes et cueillir glands et cailloux.

Ma dernière escapade date de ce week-end. Nous sommes partis en montagne et marché plusieurs heures dans la neige fraiche. C’était la première fois de ma vie que je passe autant de temps dans des espaces maculés parsemés de verdure et de feuillages sublimes. Ça me remplit de beauté et de calme. Ça apaise mon esprit, souvent malmené par la médiocrité, l’inconséquence et l’impureté qui rodent dans notre quotidien.

J’ai pu également tenir une résolution qui me tenait à cœur : faire du sport. Il fallait déjà que j’en trouve un qui me convenait car je n’aime pas grand-chose en dehors de la marche et de la natation que je ne pratique plus vu toute la logistique que cela requiert.

Sur la recommandation d’une amie, je suis les cours d’un maître yogi et cela dure depuis un an. Une personne et un endroit simples, vrais et efficaces.

Sinon, j’ai bouclé mes 40 ans. C’est un âge qui me faisait fantasmer. J’avais hâte de voir ce à quoi j’allais ressembler. Je le vis sereinement et suis contente d’avoir accompli énormément de choses et gagné en lucidité. Je sais très bien ce que je veux maintenant. Préserver mon équilibre et mon autonomie, me recentrer sur les gens qui comptent pour moi. Profiter de l’instant.

Je fais également du ménage dans ma tête et dans mon entourage et réapprends les vertus de la discrétion.

  

Je t’aime comme je n’ai jamais aimé.

 

Ta maman

 

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